 |
|
Créé en décembre 2006, Saint-Honoré Europe Synergie est le dernier-né de la gamme actions européennes d’EDRAM. Après quelques mois d’existence seulement, le fonds comptabilise plus de €330 millions sous gestion*. Son gérant, Philippe Lecoq, revient sur la philosophie d’investissement du fonds et commente l’impact de la crise financière sur le cycle actuel de fusions-acquisitions.
|
Rappelez-nous les grandes lignes du fonds Saint-Honoré Europe Synergie…
|
|
Nous avons créé Saint-Honoré Europe Synergie dans le but d’offrir à nos clients un fonds actions paneuropéen adapté à toutes les phases du cycle économique. En associant les valeurs cibles d’OPA/OPE et/ou des sociétés en restructuration financière ou structurelle, notre objectif est de capter la performance des marchés européens quelque soit le contexte économique. Les deux thématiques sont complémentaires car les phases de restructuration succèdent aux phases d’OPA/OPE. Aujourd’hui, le portefeuille compte 73% de valeurs sur le thème des OPA et 27% de valeurs en restructuration.
Les fonds surperforme le MSCI Europe d’environ 2% depuis sa création. Comment maintenez-vous cette avance ?
|
 |
Depuis son lancement début décembre, Saint-Honoré Europe Synergie a bénéficié de neuf annonces d’OPA sur les valeurs en portefeuille, dont AGF, Puma, Altadis, Capitalia, Iberia, Akzo Nobel et dernièrement Numico… Les primes offertes par les acquéreurs nous ont permis de capter des plus-values moyennes d’environ 20% sur chacun de ces titres.
|
Comment évaluez-vous le potentiel des valeurs de l’univers et quels sont les critères d’inclusion en portefeuille? Comment réagissez-vous face aux rumeurs ?
|
 |
Notre univers d’investissement est large, en effet le fonds est libre d’inclure des valeurs de toutes tailles de capitalisations boursières, tous styles, tous secteurs. En ce qui concerne les valeurs considérées comme cibles d’OPA, nous commençons par étudier la structure de l’actionnariat ; nous recherchons notamment l’absence d’actionnaire de référence, identifions les actionnaires potentiellement vendeurs et anticipons, le cas échéant, la fin de pactes d’actionnaires (comme ce fut le cas pour Mediobanca/Capitalia). Par ailleurs, nous portons un intérêt particulier aux paysages sectoriels afin d’apprécier les perspectives de consolidation. Les sociétés doivent présenter de bons fondamentaux, car nous devons nous protéger en cas de disparition de leurs statuts de cible. Concernant les rumeurs, nous devons bien sûr écouter « les bruits du marché », tout en évitant les comportements moutonniers. Après analyse, si une opération semble réaliste, nous attendons un dégonflement de la spéculation pour nous positionner. Les valeurs en restructuration sont identifiées initialement en fonction de leurs niveaux d’endettement, de leur capacité à générer du free cash-flow et de l’évolution de leurs marges. Le titre sera inclus après une évaluation de la qualité du management et du potentiel de redressement de la société.
|
Le cycle de fusions-acquisitions est-il réellement menacé par la crise financière actuelle ?
|
 |
Cette période de turbulences et de nécessaire assainissement ne remet pas en cause notre confiance quant au potentiel d’opérations de fusions et acquisitions en Europe. Nous avons exprimé à plusieurs reprises notre prudence quant à l’activité du private equity en raison de sa forte dépendance vis-à-vis des conditions de financement et en prévision d’un éventuel durcissement de l’octroi de crédit par les banques. Ces craintes sont aujourd’hui confirmées, ce qui devrait sensiblement modifier les comportements pour les mois à venir. L’impact de ce phénomène sur le fonds Saint Honoré Europe Synergie est cependant limité. En effet, un scénario de LBO n’est anticipé que pour 10% de la valeur du portefeuille. D’un point de vue général, les arguments qui plaident pour une poursuite de la consolidation sont toujours valides : atomisation de nombreux secteurs, potentiel de synergies, forte génération de cash-flow, capacité d’autofinancement de la croissance externe par les entreprises et donc moindre dépendance vis-à-vis des conditions de financement. Plus que jamais, nous plaidons pour le discernement et nous concentrons sur le thème des rapprochements de nature industrielle. De plus, les piliers qui soutiennent cette thèse ne devraient pas disparaître : développement par croissance externe des entreprises des pays émergents, investissement des fonds souverains, activisme. Tout ralentissement de l’activité en termes de fusions et acquisitions doit être considéré comme une pause dans un cycle de longue durée.
|
Quels sont vos principaux paris aujourd’hui ?
|
|
L’actuelle correction des marchés d’actions a rendu plus abordable le prix de certaines cibles. Nous mettons l’accent sur trois opérations potentielles dont la probabilité de réalisation dans les six prochains mois est importante et qui relèvent de la pure logique industrielle : Carlsberg / Scottish & Newcastle, Ahold / Delhaize, Novartis / Bayer. Au sein des restructurations, Unilever constitue, à ce jour, notre principale conviction.
|
Au sein d’un portefeuille actions, quelle part peut représenter Saint-Honoré Europe Synergie ?
|
|
Grâce à son double positionnement, Saint-Honoré Europe Synergie est conçu pour performer dans la durée. A ce titre, le fonds peut représenter un bon socle de portefeuille pour un investisseur qui cherche à profiter de la hausse des actions européennes, quel que soit le contexte économique.
|
|
Philippe Lecoq, gérant du fonds Saint-Honoré Europe Synergie, cumule plus de 15 ans d’expérience sur le marché des actions européennes et notamment dans la sélection de titres susceptibles de faire l’objet d’une acquisition ou en restructuration. Sa connaissance approfondie du marché des fusions / acquisitions et des valeurs en restructuration lui vient des sept années consacrées à la gestion d’un fonds investi sur cet univers de valeurs.
|
|
| |
|
|